En tant que prestataire de soins de santé ou travailleur social, cherchez-vous à mieux vous engager auprès des peuples autochtones au Canada?

En juillet, l’Organisation de normes en santé (HSO) a organisé un webinaire intitulé « Êtes-vous prêts? » sur l’engagement auprès des Premières Nations, des Inuits et des Métis, leurs communautés et leurs organismes.

La séance, à laquelle ont participé Marilee A. Nowgesic, Directrice générale de la Canadian Indigenous Nurses Association (CINA), Kimberly Fairman, la Directrice générale de l’Institut de recherche en santé circumpolaire (Institute for Circumpolar Health Research) et Alyssa Bryan, RN, MScN et responsable de programme au sein de l’équipe d’élaboration des normes et des preuves de HSO, visait à aider les gens à apprendre le « pourquoi » et le « comment » d’un véritable engagement en général, mais aussi en période de COVID-19.

Nous avons compilé quelques conseils utiles issus du webinaire qui vous aideront à vous engager auprès des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis de manière plus informée et plus positive.

1. Faites les premières démarches :
Marilee A. Nowgesic a noté qu’en tant que personne vivant dans une communauté non éloignée, vous avez très probablement accès à l’Internet. « C’est la première porte d’entrée pour comprendre où nous vivons, par exemple », a-t-elle déclaré.

Elle a affirmé que si vous vous préparez à vous impliquer auprès de ces communautés, prenez le temps de faire des recherches en ligne et de vous renseigner sur le conseil de bande et le chef régional. Elle ajoute que vous devriez également prendre le temps de vous renseigner sur les problèmes auxquels une communauté particulière est confrontée et sur les préjugés dont elle fait l’objet.

Marilee A. Nowgesic et Kimberly Fairman font toutes deux remarquer que vous devez être prêts à apprendre. « Soyez en mesure de dire : “Voilà ce que j’ai appris. Veuillez me corriger si je me trompe” », a affirmé Marilee A. Nowgesic. « L’engagement consiste à construire des relations authentiques. »

2. Soyez à l’aise avec le fait d’être mal à l’aise :
Les deux directrices générales ont fait remarquer que les membres des communautés autochtones se sentent souvent comme des étrangers. Si vous vous préparez à vous impliquer, vous, en tant que membre d’une communauté non autochtone, devriez vous habituer à ce sentiment.

Lors du webinaire, Alyssa Bryan a déclaré que lorsqu’elle a commencé à travailler avec le comité technique sur la sécurité culturelle et l’humilité de HSO, elle a réalisé que l’engagement auprès des communautés autochtones est un processus d’apprentissage continu.

« Quand vous êtes prêts à vous impliquer, vous êtes prêts à avoir des relations durables et à suivre un chemin d’apprentissage continu », a-t-elle déclaré. « Chaque fois que vous rencontrerez un nouveau groupe, il y aura différentes cérémonies et différents protocoles. Faites preuve de transparence et soyez authentiques dans votre engagement ».

3. Apprenez le langage :
En ce qui concerne la COVID-19 et les soins de santé en général, Marilee A. Nowgesic a déclaré que vous devriez prendre le temps de vous renseigner sur la façon dont les communautés autochtones communiquent. Elle a fait remarquer que vous devriez vous concentrer sur un langage simple et facile à comprendre.

« Par exemple, nous n’avons pas de terme pour “virus” ou pour “cancer”. Nous expliquons les choses dans nos propres langues. Nous expliquons les choses qui se passent dans un corps physique à l’heure actuelle, qui peuvent se manifester par un animal ou un insecte, etc. C’est ce langage de la création. »

Kimberly Fairman a ajouté que vous devriez avoir comme objectif d’utiliser un langage qui invite à la coopération et à la co-conception. « Vous devez utiliser un langage qui est invitant et non un langage de type “prise de pouvoir sur”. Le langage est parfois utilisé de manière à contrôler. Soyez-en conscients ».

4. Concentrez-vous sur la connexion en personne (si possible) :
Bien que la communication en personne ait été limitée par la COVID-19, Kimberly Fairman a fait la remarque que cela reste le meilleur moyen de construire des relations durables avec les communautés autochtones.

Elle a déclaré que la COVID-19 a mis à mal le sens de la communauté et de la compréhension commune. Comme nous sommes actuellement limités à la communication vidéo, elle a affirmé que le développement de ces relations peut être un défi.

« Attendez-vous à ce que cela soit amplifié. Reconnaissez que la vidéoconférence est limitative. Attendez-vous à ce que des malentendus puissent survenir et que des relations tendues puissent apparaître ».

5. Prenez l’initiative :
« Dépassez la barrière qui consiste à attendre que quelqu’un vous dise ce que vous devez faire », a déclaré Kimberly Fairman.

Vous devriez prendre la responsabilité de votre propre apprentissage et « honorer le besoin de comprendre. »

Le contexte et l’histoire sont importants tant du point de vue des Autochtones que des non-Autochtones. Lorsque vous communiquez, essayez de vous concentrer sur les points communs existants plutôt que sur les différences.

« Nous devons tolérer le malaise et comprendre le désaccord pour passer à l’étape suivante de notre relation. Pour dépasser les réticences et aller vers l’engagement », a-t-elle affirmé.

Vous voulez en savoir plus sur la préparation à l’engagement? Vous pouvez regarder le webinaire complet, qui a été présenté en partenariat avec le Collège canadien des leaders en santé (CCLS), ici (en anglais seulement). De plus, téléchargez la Trousse : Santé et bien-être des Autochtones pour plus d’informations.

Élaborée en collaboration avec la filiale de la HSO, Agrément Canada, cette trousse gratuite aide les organismes de services de santé aux Autochtones et Premières Nations dans les régions urbaines, rurales et éloignées au Canada dans la lutte face à la COVID-19.