« Il faut être à l’aise jusqu’à un certain point pour faire preuve d’humilité, pour dire que vous êtes désolé, que vous ne saviez pas, ou encore qu’il y a des choses que vous pouvez apprendre de quelqu’un », a déclaré Marilee A. Nowgesic, chef de la direction de l’association des infirmières et infirmiers autochtones du Canada (Canadian Indigenous Nurses Association, CINA), lors d’un récent webinaire. Marilee A. Nowgesic a abordé la nécessité de faire preuve d’humilité en tant que praticien ou professionnel de la santé dans ses rapports avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis dans un milieu de soins.

Le 17 novembre, près de 150 participants venant de partout au Canada ont assisté à la deuxième partie du webinaire Établir un dialogue avec les personnes, les communautés et les organismes des Premières Nations, des Inuits et des Métis, intitulée « Comment pouvez-vous contribuer à la réconciliation? ».

Présenté par l’Organisation de normes en santé (HSO), en partenariat avec le Collège canadien des leaders en santé (CCLS), ce deuxième webinaire portait sur les sept appels à l’action liés à la santé (no 18 à no 24) de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) du Canada. Kimberly Fairman, directrice générale de l’Institut de recherche circumpolaire en santé (Institute for Circumpolar Health Research, ICHR) ainsi qu’Alyssa Bryan, IA, M. Sc. inf. et gestionnaire de programme au sein de l’équipe d’élaboration des normes de HSO ont participé au webinaire aux côtés de Marilee A. Nowgesic.

Tout au long du webinaire de 90 minutes, les trois animatrices ont créé un espace sûr pour que les participants puissent s’informer sur les appels à l’action liés à la santé de la CVR et sur la manière de les concrétiser dans leur vie professionnelle et personnelle. Ce panel de webinaire, qui se déroule cet automne, présente des aspects de la réconciliation en parallèle avec le thème de la saison des récoltes, invitant les participants à « faire le travail nécessaire » et à préparer un garde-manger avec des articles essentiels pour les aider à passer les mois d’hiver difficiles.

Réconciliation
Marilee A. Nowgesic a fait remarquer que la démarche de réconciliation est principalement une démarche à mener par les personnes non autochtones. « La réconciliation n’est pas pour les peuples autochtones. C’est pour nos partenaires non autochtones », a-t-elle déclaré. Kimberly Fairman a encouragé les participants à « s’octroyer la responsabilité du garde-manger », en ajoutant qu’il incombe au participant d’utiliser les connaissances acquises d’une manière positive et respectueuse. « C’est une chose d’avoir des connaissances ou de l’expérience pratique, mais sans un lien profond avec la terre ou les personnes, ces connaissances peuvent ne pas être utilisées à bon escient », a-t-elle déclaré.

Marilee A. Nowgesic a ajouté qu’à un certain moment de leur carrière, les participants travailleraient avec des peuples autochtones. « Nous allons vous donner les renseignements dont vous avez besoin pour nous assurer que vous êtes à l’aise dans cet environnement », a-t-elle dit. « Nous voulons nous assurer que les partenaires non autochtones des professions de la santé ont également le privilège de devenir partie intégrante du contenu autochtone en se familiarisant avec la culture, les méthodes d’apprentissage et la langue autochtones. »

Kimberly Fairman a fait remarquer pendant le webinaire que les peuples autochtones commencent souvent en « position déficitaire » dans les interactions avec les prestataires, car ils sont souvent perçus comme ayant besoin d’aide. « Nous devons commencer à être reconnus pour le leadership et les connaissances que nous pouvons offrir », a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté que pour aller de l’avant, les professionnels de la santé et les prestataires doivent s’attacher à forger des liens et à instaurer un climat de confiance avec les peuples, les organismes et les communautés autochtones. « Il s’agit d’examiner la manière dont les prestataires de soins de santé s’engagent à comprendre les besoins et la manière d’établir une relation durable et de confiance », a-t-elle déclaré. « La réconciliation est quelque chose que nous entreprenons ensemble. C’est la façon dont nous répondons à ces besoins ensemble. »

Alyssa Bryan a ajouté que « le système de santé autochtone ne peut pas être séparé du système de santé du Canada. Ils doivent collaborer ».

Relever les défis liés à l’accès aux soins
Marilee A. Nowgesic et Kimberly Fairman ont toutes les deux reconnu que l’accès aux soins de base est un défi pour les peuples autochtones et que ce défi est encore plus grand lorsque les personnes vivent dans des communautés éloignées du nord. « Le simple fait d’accéder aux soins est un défi et il ne devrait pas en être ainsi », a déclaré Marilee A. Nowgesic. « Pas toutes les communautés disposent d’un centre d’accès aux soins de santé. Il se peut qu’une personne ne puisse pas avoir accès à un médecin pendant trois ou quatre mois. »

Elle a ajouté que les peuples autochtones ne font pas seulement face à des difficultés géographiques, mais qu’il est difficile de s’orienter dans le système de santé proprement dit, tel qu’il a été établi par les politiques précédentes du gouvernement canadien. « Les personnes ne comprennent pas les obstacles que nous devons franchir pour accéder aux soins », a-t-elle déclaré. Kimberly Fairman ajouté que c’est toujours à elle qu’il incombe de savoir comment fonctionne le système.

Les appels à l’action de la CVR ont été publiés en 2015 pour réparer les séquelles laissées par les pensionnats et faire progresser le processus de réconciliation au Canada. Il existe 94 appels à l’action différents, dont 7 portent sur l’état des soins de santé pour les peuples autochtones au Canada.

Dans le cadre de ce webinaire, le panel a abordé les appels à l’action sur le thème de la santé no 18 à no 24, en abordant la problématique de chacun et en invitant les participants à réfléchir à la façon dont ils peuvent prendre des mesures pour faire avancer chacun d’entre eux à leur manière afin de créer un changement positif dans le système de santé du Canada.

Les participants à la première partie de cette série de webinaires ont montré une forte volonté d’en apprendre davantage des panélistes, si bien que la deuxième partie est passée à 90 minutes. Si vous ne l’avez pas encore fait, vous êtes invité à en apprendre davantage et à regarder gratuitement la deuxième partie du webinaire en cliquant ici.