La création d’un engagement significatif avec les Premières Nations, les Métis et les Inuits est une pratique continue qui exige un effort répété, a déclaré Kimberly Fairman, directrice générale de l’Institut de recherche en santé circumpolaire (ICHR).

Mme Fairman s’exprimait lors de la troisième partie de la série de webinaires axés sur les Autochtones de l’Organisation de normes en santé (HSO) Meet me where I am: Applying people-centred care to engaging with First Nations, Métis and Inuit peoples. Marilee A. Nowgesic, cheffe de la direction de L’Association des infirmières et infirmiers autochtones du Canada (AIIAC) et Heather Thiessen, leader des usagers au bureau du Partenariat avec les usagers de HSO, ont également parlé.

Au cours du webinaire de 60 minutes, les participants ont été invités à réfléchir à l’analogie de la course en ascension, qui peut être difficile, mais éventuellement, gratifiante. Les participants ont été motivés à utiliser cette analogie pour mettre en œuvre des soins centrés sur la personne et créer un engagement significatif auprès des Premières Nations, des Métis et des Inuits au Canada.

Établir des relations authentiques
Mme Fairman a noté qu’un bon point de départ est d’établir des relations dans lesquelles des discussions peuvent être abordées sur les défis et d’obtenir de la rétroaction. « Si vous établissez des relations où vous pouvez obtenir de la rétroaction, vous pouvez aborder les sujets sensibles et commencer à relever les défis et trouver des solutions aux problèmes », a-t-elle déclaré. Mme Fairman a ajouté qu’en tant que personne autochtone, elle compte énormément sur les relations significatives. « Cela dépend beaucoup du type de soutien que vous avez autour de vous. C’est la mesure selon laquelle les personnes se sentent en sécurité de parler des difficultés et des défis qu’elles vivent », a-t-elle déclaré. « Il importe de trouver ces partenaires avec qui vous avez eu du succès dans la relation auparavant et de compter sur ces personnes pour obtenir du soutien lorsque vous passez à cet espace d’engagement. »

Mme Thiessen a noté au cours du webinaire que les soins centrés sur la personne visent à établir des relations significatives. « Il s’agit d’établir des relations et de rencontrer des gens dans leurs communautés », a-t-elle déclaré. « Il faut changer les conversations : passer de ‘‘qu’est-ce qui ne va pas avec vous?’’ à ‘‘qu’est-ce qui compte pour vous?’’. » Elle a ajouté que ce changement de perspective ne se produit pas du jour au lendemain. « Si nous souhaitons établir des relations authentiques avec les gens, nous devons d’abord les connaître et comprendre tout ce que cela implique, afin de créer un espace sécuritaire pour eux. »

Mme Thiessen a dit que beaucoup de travail a été fait pour changer la perspective des usagers et des familles, mais la diligence raisonnable est de mise en ce qui concerne les usagers et les familles des Premières Nations, des Métis et des Inuits. « Nous devons nous assurer qu’ils sont également respectés », a-t-elle déclaré. « Il ne s’agit pas seulement de poser les gestes. Il faut prendre la responsabilité et examiner la façon de pratiquer [les soins] dans un environnement culturellement sécuritaire et humble. »

Le 23 juin, HSO a lancé un examen public pour sa nouvelle norme Sécurisation culturelle et humilité – Premières Nations, Métis et Inuits. Le projet de norme, le premier du genre au Canada, a été élaboré par un comité technique dirigé par les Premières Nations en Colombie-Britannique, avec l’apport additionnel de la Nation Métis, en Colombie-Britannique. La norme vise à aider dans la création d’un environnement culturellement sécuritaire pour les Autochtones dans le système de santé, à encourager les prestataires de soins de santé à fournir des soins avec humilité et à mettre fin au racisme à l’endroit des Autochtones. L’examen public est ouvert jusqu’au 23 août.

À la suite des points de Mme Thiessen, Mme Nowgesic a noté que la création d’un engagement significatif avec les Premières Nations, les Métis et les Inuits peut être difficile à la fois pour les prestataires et les usagers autochtones eux-mêmes.

Elle a expliqué qu’un prestataire peut être mal à l’aise et incertain de la façon de se déplacer dans cet espace de manière culturellement appropriée et, en même temps, l’usager peut être hésitant à communiquer ses besoins culturels. « Il est difficile de cerner ce qui est inconfortable et d’être capable d’aller de l’avant dans la conversation », a déclaré Mme Nowgesic. « Donc, il s’agit d’examiner une personne en particulier. Il faut créer un espace sécuritaire et un environnement exempt de jugement. »

Renseignez-vous sur les cultures et coutumes autochtones
Au cours du webinaire, Mme Nowgesic a également noté que lorsque les organismes et les prestataires s’engagent auprès des peuples autochtones, ils devraient prendre le temps de s’informer sur les cultures et les coutumes autochtones. Elle dit que, par exemple, certains hôpitaux au Canada ont envisagé d’ajouter ou ont ajouté une hutte de sudation à leurs installations. « Mais vous devez considérer pourquoi vous faites cela et savoir quand vous le faites adéquatement. Suivez-vous les protocoles et avez-vous examiné les approches traditionnelles? » demande Mme Nowgesic.

Elle a ajouté que la réconciliation et l’engagement significatif doivent être pris en charge par les non-Autochtones. « Cela fait partie de votre malaise. Prenez la responsabilité et apprenez cet exercice d’humilité », a déclaré Mme Nowgesic. « Je suis assise à la table avec mes alliés, partenaires et parties prenantes non autochtones pour m’assurer que vous suivez les protocoles, les valeurs de respect, les sept enseignements ancestraux sacrés et les nombreuses autres approches traditionnelles qui sont nécessaires pour interagir avec les peuples autochtones. »

Partagez vos apprentissages avec les autres
Mme Fairman a ajouté que le rapprochement et l’engagement significatif prennent du temps. Ce n’est pas non plus quelque chose qui peut être pris en charge par une seule personne. « Je crois que la réconciliation doit avoir lieu au niveau individuel, par la relation d’abord, puis nous devons la laisser s’infiltrer dans toutes les organismes dans lesquels nous travaillons », a-t-elle déclaré.

Mme Fairman a également encouragé les gens à partager leurs apprentissages avec les autres, car cela ouvre souvent la porte au changement. « Il s’agit de partager ce que l’apprentissage était pour vous et d’encourager les autres à prendre ces premiers pas, puis à continuer à amener les autres avec vous », a-t-elle déclaré. « Cela devient une pratique et un engagement envers cette pratique plutôt qu’un seul effort, une seule fois. »

Mme Thiessen a noté qu’elle travaille à faire progresser l’engagement des usagers et des familles depuis 13 ans. « Et nous n’avons même pas encore gratté la surface sur la façon de communiquer avec les utilisateurs du système de santé », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que les organismes doivent établir des principes directeurs pour s’assurer que les peuples autochtones se sentent en sécurité et qu’ils reçoivent des soins culturellement appropriés. « Cela permet d’intégrer ce travail aux principes directeurs afin que tout le monde puisse se sentir en sécurité et participer. »

Il s’agissait du dernier webinaire axé sur les Autochtones dans une série de trois, qui a été présenté en partenariat avec le Collège canadien des leaders en santé (CCLS). Si vous l’avez manqué, vous pouvez regarder l’enregistrement complet ici (en anglais seulement).