En 2002, le Mental Health Implementation Task Force du district de Champlain a mis l’accent sur la création de partenariats qui faciliteraient la transition entre l’hôpital et la communauté. Le groupe a constaté que près des trois quarts des visites au service des urgences résultaient d’un retour à la maison sans services de soutien en place. Cela signifie que la personne n’aurait pas le soutien nécessaire si elle se retrouvait en situation de crise dans un proche avenir. Le groupe de travail a aussi constaté que 50 % de toutes les visites répétées au service des urgences ont lieu dans les cinq jours qui suivent la première visite.

De plus, selon l’American Psychiatric Association, le taux de suicide est plus élevé à la suite de la première semaine du congé (2006). En 2013, l’Association canadienne pour la santé mentale a révélé des données ressorties d’études récentes menées en Angleterre, indiquant que  55 % des suicides fatals ont lieu au cours de la première semaine suivant le congé et jusqu’à deux semaines après qu’un usager hospitalisé en psychiatrie ait quitté l’hôpital. (ACSM 2013).

Le but du programme a deux volets. D’abord, le programme permet de s’assurer qu’un spécialiste du Centre de détresse d’Ottawa et la région communique par téléphone avec les usagers cernés comme présentant un risque de suicide dans les 24 à 72 heures suivant une visite au service des urgences ou une hospitalisation pour un problème de santé mentale ou de dépendance. Deuxièmement, cette communication de suivi vise à aider la personne à naviguer entre les écueils d’une transition souvent stressante entre l’hôpital et la communauté.

Les objectifs de l’appel téléphonique fait à l’usager sont : a) de s’assurer de la pertinence du niveau de fonctionnement de l’usager; b) de s’assurer que l’usager a accès à des partenaires communautaires responsables pour les soins et services de suivi conformément à son plan de congé; c) d’ajuster le type ou le niveau de services nécessaires pour répondre aux besoins de l’usager; d) de revoir la planification du congé, notamment le respect de la médication; e) de discuter de la pertinence et de l’efficacité des stratégies d’adaptation et f) d’explorer ou revoir un plan de sécurité en cas de crise.

Si la personne a besoin de soutien professionnel immédiat, on peut avoir recours à l’équipe mobile d’intervention en cas de crise locale. En cas d’urgence, le personnel communautaire peut aussi appeler le 911 au nom de l’usager. Ces processus visent à renforcer le filet de sécurité pendant la transition entre l’endroit du congé et la destination de l’usager; une période durant laquelle l’usager est stable, mais demeure vulnérable.

Quand une personne reçoit son congé du service des urgences ou de l’unité de santé mentale de l’Hôpital Montfort pour un problème de santé mentale, on l’informe qu’elle recevra un appel de vérification du bien-être d’un spécialiste du Centre de détresse d’Ottawa et la région. Une télécopie électronique contenant les coordonnées de l’usager est par la suite envoyée au Centre de détresse. Le spécialiste tente à trois reprises de joindre l’usager, du lundi au vendredi entre 9 h et 19 h, 24 à 72 heures après le congé. À la fin de la conversation téléphonique, l’usager est invité à appeler la ligne téléphonique bilingue en cas de crise vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept (également un programme du Centre de détresse d’Ottawa et la région) s’il a besoin de plus de soutien. Dans certains cas, quand l’usager avait des idées suicidaires au service des urgences ou à l’unité des usagers hospitalisés, et qu’il continue à éprouver de grandes difficultés, un second appel est fait une semaine plus tard.

Une surveillance continue et des évaluations de l’incidence sont en cours. Les résultats seront présentés dans d’autres sections du présent document.

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